L’attrait des prisons urbaines s’est perdu.
J’ai le souvenir de l’appartement d’un de mes amis qui offrait une vue plongeante sur la prison Saint Michel à Toulouse. C’était au début des années 80 ou peut être à la fin des années 70. On y prenait l’apéritif sur un balcon exigu et malpropre en écoutant des disques de pop musique.
Effet du hasard, un autre de mes camarades séjournait dans cette étrange prison au portail qui évoque le charme d’un fort colonial perdu au milieu du désert. La maréchaussée l’avait embastillé à la suite de menus holdups commis sous des prétextes vaguement politiques ("Bonjour ! C’est une expropriation prolétarienne !").
L’utilisation d’une mitraillette Bergmann MP18.1 au maniement aléatoire mais à l’aspect frappant, souvenir de la guerre d'Espagne offert par un oncle miraculeusement réchappé de la purge du POUM, avait considérable effarouché les caissiers et les clients des banques visitées. Cet accessoire avait semble-t-il constitué une circonstance aggravante aux yeux du juge et probablement justifié la lourdeur de la peine que purgeait ce garçon cultivé et, par ailleurs, fort bien élevé. Il fut heureusement gracié assez rapidement par un président de la république qui jugea inutile de le garder à la charge de la collectivité.
Gracieuse époque.
J’en garde une nostalgie nuancée.
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